Frais professionnels en portage : refacturés vs non refacturés
Mis à jour le 4 juillet 2026 · La rédaction SimulateurPortage.fr
En portage, les frais professionnels sont soit refacturés au client (remboursés à 100 %, hors cotisations), soit non refacturés (déduits du CA avant cotisations puis remboursés en net, plafonnés à ~30 % du brut). Bien gérés, ils augmentent votre net.
Bien gérés, les frais professionnels sont l’un des rares leviers légaux pour augmenter votre revenu net en portage. Mais tout dépend de leur nature : un frais refacturé au client et un frais non refacturé n’ont pas du tout le même effet sur votre paie. Cette distinction est essentielle.
Deux catégories, deux mécanismes
En portage salarial, on distingue toujours deux types de frais professionnels :
- Les frais refacturés au client.
- Les frais non refacturés (à votre charge, mais remboursés).
Comprendre la différence, c’est comprendre comment optimiser — sans se tromper.
Les frais refacturés au client
Ce sont des dépenses que vous engagez pour la mission et que le client accepte de rembourser. Exemple typique : un déplacement à l’autre bout de la France demandé par le client.
Leur traitement est simple :
- ils sont ajoutés à la facture du client, en plus de votre chiffre d’affaires ;
- ils vous sont remboursés à 100 % ;
- ils ne passent pas par les cotisations ni par l’impôt ;
- ils n’entrent pas dans le calcul de votre salaire.
Autrement dit, un frais refacturé est neutre pour votre paie : il transite, vous êtes remboursé à l’euro près, point final. C’est le mécanisme le plus avantageux quand le client est d’accord pour prendre en charge la dépense.
Les frais non refacturés
Ce sont des frais que vous engagez sans les faire payer au client : abonnement à un logiciel, matériel, formation, télétravail, repas… Ils suivent une logique différente :
- ils sont déduits de votre chiffre d’affaires AVANT le calcul des cotisations ;
- puis ils vous sont remboursés en net ;
- ils sont soumis à un plafond d’usage, généralement de l’ordre de 30 % du salaire brut (paramétrable selon la société).
L’effet est double. En sortant une partie du CA de l’assiette des cotisations, ces frais augmentent la somme totale que vous percevez : la portion « frais » échappe aux ~45 % de cotisations patronales et ~22 % de cotisations salariales.
L’exemple chiffré
Reprenons un TJM de 500 € sur 18 jours, soit 9 000 € HT, avec 1 000 € de frais non refacturés :
- sans frais pro : base 8 280 € → brut ~5 710 € → net avant impôt ~4 454 €, total versé ~4 454 € (49,5 % du CA) ;
- avec 1 000 € de frais non refacturés : la base cotisée tombe à 7 280 €, le net avant impôt à ~3 916 €, mais vous récupérez les 1 000 € en net → total versé ~4 916 €, soit 54,6 % du CA.
Les frais professionnels bien gérés font donc grimper votre pouvoir d’achat réel, car cet argent aurait de toute façon été dépensé pour votre activité. Testez l’effet dans le simulateur.
La contrepartie : des droits réduits
Attention, il y a un revers. En diminuant votre salaire brut cotisé, les frais non refacturés réduisent vos droits :
- moins de cotisations retraite → retraite plus faible ;
- moins de salaire de référence → allocations chômage réduites (voir portage et chômage) ;
- impact possible sur les indemnités journalières et la prévoyance.
Il ne faut donc jamais gonfler artificiellement ses frais pour maximiser le net immédiat : c’est un arbitrage entre revenu à court terme et droits à long terme. Ne déclarez que des frais réels et justifiés.
Ce qui est déclarable
Les frais doivent être engagés pour la mission et justifiés : déplacements, repas, hébergement, matériel informatique, logiciels et abonnements, formation, frais de télétravail. Conservez toujours vos justificatifs : la société de portage et l’administration peuvent les demander.
Frais professionnels et frais de gestion : ne pas confondre
Les frais professionnels sont vos dépenses, remboursées. Les frais de gestion sont la rémunération de la société de portage. Certaines sociétés prélèvent même des frais sur le traitement de vos notes de frais : c’est un point à vérifier dans la grille tarifaire, via notre comparateur.
En résumé
Frais refacturés : remboursés à 100 %, neutres pour la paie, idéaux quand le client paie. Frais non refacturés : déduits du CA avant cotisations, remboursés en net, plafonnés à ~30 % du brut, ils augmentent le net mais réduisent vos droits. À manier avec discernement, en gardant un œil sur le salaire minimum conventionnel.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre frais refacturés et non refacturés ?
Les frais refacturés sont ajoutés à la facture du client et remboursés à 100 %, sans passer par les cotisations. Les frais non refacturés sont déduits de votre chiffre d'affaires avant cotisations, puis remboursés en net, dans la limite d'un plafond.
Les frais professionnels augmentent-ils mon salaire net ?
Oui, indirectement. En sortant une partie du chiffre d'affaires de l'assiette des cotisations, les frais non refacturés augmentent la somme totale que vous percevez. Mais ils réduisent aussi vos droits retraite et chômage.
Y a-t-il un plafond aux frais professionnels ?
Pour les frais non refacturés, l'usage retient un plafond d'environ 30 % du salaire brut, souvent paramétrable selon la société. Il n'existe pas de texte URSSAF unique fixant ce seuil : c'est une pratique de branche.
Quels frais peut-on déclarer en portage ?
Les frais engagés pour la mission : déplacements, repas, hébergement, matériel, logiciels, formation, télétravail. Ils doivent être justifiés et liés à l'activité professionnelle.
Sources & textes de référence
Informations vérifiées auprès des sources officielles ci-dessous.
- URSSAF — frais professionnels et conditions d'exonération de cotisations (nouvelle fenêtre) Règles et barèmes d'exonération des frais professionnels.
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