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Comprendre le portage

Le portage salarial, c'est quoi ? Définition et fonctionnement

Mis à jour le 4 juillet 2026 · La rédaction SimulateurPortage.fr

Le portage salarial est une relation tripartite : un consultant réalise des missions pour ses clients, mais une société de portage l'emploie en CDI ou CDD, transforme son chiffre d'affaires en salaire et lui verse la protection sociale d'un salarié.

Le portage salarial est un mode d’activité qui combine l’autonomie de l’indépendant et la protection sociale du salarié. Concrètement, un professionnel qualifié réalise des prestations pour ses propres clients, mais au lieu de facturer via une entreprise qu’il aurait créée, il passe par une société de portage qui l’emploie et transforme son chiffre d’affaires en salaire.

Une relation à trois

Le portage repose sur une relation tripartite entre trois acteurs :

  • Le salarié porté (ou consultant) : il prospecte, négocie ses missions et réalise les prestations. C’est lui qui apporte le chiffre d’affaires.
  • La société de portage : elle emploie le consultant via un contrat de travail (CDI ou CDD), facture le client, encaisse le chiffre d’affaires, prélève ses frais de gestion et verse un salaire après cotisations.
  • L’entreprise cliente : elle signe un contrat de prestation avec la société de portage et bénéficie de la mission sans embaucher directement le consultant.

Cette organisation est ce qui distingue fondamentalement le portage d’une création d’entreprise classique : le consultant ne facture jamais lui-même, et ne gère ni TVA, ni URSSAF, ni comptabilité.

Ce que le portage transforme

L’intérêt du modèle tient à une idée simple : votre chiffre d’affaires facturé (CA HT) devient un salaire net après plusieurs déductions. En moyenne, le net perçu représente 47 à 55 % du chiffre d’affaires facturé. Sur un TJM de 500 € facturé 18 jours par mois, soit 9 000 € HT, le salaire net avoisine ainsi 4 400 à 4 700 € par mois. Vous pouvez estimer votre propre situation avec le simulateur de salaire net.

Entre le CA et le net, on trouve trois postes :

  1. Les frais de gestion de la société de portage (généralement 5 à 10 % du CA) ;
  2. Les cotisations patronales (environ 45 % du salaire brut) ;
  3. Les cotisations salariales (environ 22 % du brut).

En contrepartie de ces cotisations, le salarié porté cotise à la retraite, à l’Assurance chômage, à la prévoyance et à une mutuelle — exactement comme un salarié classique.

Le cadre légal

Le portage salarial n’est pas une zone grise : il est défini par les articles L1254-1 et suivants du Code du travail, issus de l’ordonnance du 2 avril 2015, et complété par la convention collective de branche IDCC 3219 (étendue en 2017). Ce cadre impose notamment :

  • une qualification minimale du salarié porté (Bac+2 ou trois ans d’expérience) ;
  • un salaire minimum conventionnel indexé sur le plafond de la Sécurité sociale (voir notre guide sur le salaire minimum) ;
  • une réserve financière destinée à sécuriser les périodes sans mission ;
  • l’interdiction de recourir au portage pour des services à la personne.

À qui s’adresse le portage ?

Le portage vise les professionnels autonomes et qualifiés capables de trouver eux-mêmes leurs clients : consultants, formateurs, experts IT, chefs de projet, managers de transition, ingénieurs. Il ne convient pas aux activités réglementées (professions médicales, juridiques) ni aux services à la personne.

C’est une solution particulièrement adaptée pour :

  • tester une activité indépendante sans créer de structure juridique ;
  • sécuriser une transition entre deux postes salariés ;
  • cumuler mission et droits sociaux, notamment l’Assurance chômage (voir portage et chômage) ;
  • exercer ponctuellement en complément d’une autre activité.

Portage ou autre statut ?

Le portage n’est qu’une option parmi d’autres pour exercer en indépendant. Selon votre chiffre d’affaires, votre besoin de protection sociale et votre appétence pour l’administratif, la micro-entreprise, la SASU ou le statut de freelance classique peuvent être plus avantageux. Vous pouvez aussi comparer les sociétés de portage entre elles via notre comparateur.

En résumé, le portage salarial offre un compromis rare : la liberté commerciale de l’indépendant, sans renoncer au filet de sécurité du salariat. Pour comprendre le détail des flux financiers et des contrats, poursuivez avec notre guide sur le fonctionnement du portage.

Questions fréquentes

Qui peut devenir salarié porté ?

Tout professionnel autonome justifiant d'une qualification (Bac+2 ou 3 ans d'expérience) et capable de trouver ses propres clients : consultant, formateur, développeur, chef de projet, manager de transition.

Le portage salarial est-il légal ?

Oui. Le portage est encadré par les articles L1254-1 et suivants du Code du travail et par la convention collective IDCC 3219. C'est un statut reconnu depuis l'ordonnance de 2015.

Quelle est la différence avec l'intérim ?

En intérim, l'agence trouve les missions et fixe les conditions. En portage, c'est le consultant qui prospecte, négocie son tarif et pilote sa mission. La société ne fait que gérer l'aspect administratif et salarial.

Le salarié porté est-il vraiment salarié ?

Oui : il a un contrat de travail, une fiche de paie, cotise à l'Assurance chômage, à la retraite et bénéficie d'une mutuelle. Mais il conserve l'autonomie commerciale d'un indépendant.

Sources & textes de référence

Informations vérifiées auprès des sources officielles ci-dessous.

  1. Code du travail — portage salarial (articles L1254-1 et suivants) (nouvelle fenêtre) Cadre légal du portage salarial issu de l'ordonnance du 2 avril 2015.
  2. Service-Public — fiche « Portage salarial » (nouvelle fenêtre) Présentation officielle de la relation tripartite et du statut de salarié porté.

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