CDI en portage salarial : le contrat, et CDI classique ou portage ?
Mis à jour le 9 juillet 2026 · 4 min de lecture · La rédaction SimulateurPortage.fr
Le CDI de portage est un contrat de travail à durée indéterminée conclu avec la société de portage (art. L1254-1 et suivants du Code du travail), pas avec le client. C'est un vrai statut de salarié — cotisations, retraite, chômage — mais les périodes sans mission ne sont pas rémunérées : vous trouvez vous-même vos clients.
On parle souvent du portage salarial comme d’une activité « d’indépendant ». C’est vrai côté travail — vous trouvez vos clients et fixez votre TJM — mais côté contrat, vous êtes salarié en CDI (ou en CDD). Ce contrat n’est pas signé avec votre client : il est signé avec la société de portage. Comprendre ce CDI un peu particulier, c’est comprendre tout le portage.
Qu’est-ce que le CDI de portage salarial ?
Le portage salarial est encadré par le Code du travail (articles L1254-1 et suivants). Il repose sur une relation à trois :
- vous, le salarié porté ;
- la société de portage, votre employeur ;
- l’entreprise cliente, pour qui vous réalisez la mission.
Il y a donc deux contrats distincts : un contrat de travail (vous ↔ société de portage) et un contrat commercial de prestation (société de portage ↔ client). Le CDI de portage est ce contrat de travail, à durée indéterminée.
La particularité tient en une phrase, qui figure d’ailleurs comme mention obligatoire du contrat : les périodes sans mission ne sont pas rémunérées. La société de portage n’a pas l’obligation de vous fournir du travail — c’est à vous, en autonomie, de décrocher vos missions. En échange, vous gardez un vrai statut de salarié : bulletins de paie, cotisations, retraite, prévoyance et assurance chômage.
CDI de portage vs CDI classique
Le mot « CDI » est le même, mais l’équilibre est différent. Un CDI classique vous garantit un salaire tant que le contrat court ; le CDI de portage vous garantit un cadre salarié, pas un revenu permanent.
| Critère | CDI classique | CDI de portage |
|---|---|---|
| Salaire hors mission | Dû tant que le contrat court | Non : les intercontrats ne sont pas payés |
| Qui trouve le travail | L’employeur | Vous, en autonomie |
| Réserve financière | Non | Oui (~10 % du salaire de la dernière mission) |
| Rémunération minimale | SMIC / minima de branche | 75 % du PMSS quand une mission est en cours |
| Chômage, retraite, sécu | Oui | Oui |
| Autonomie commerciale | Faible | Élevée (vous démarchez et négociez) |
Le CDI de portage s’adresse donc à un profil qui sait ou veut trouver ses clients et préfère la protection du salariat à la liberté totale (mais exposée) de la micro-entreprise. Si vous hésitez encore entre les statuts, voyez notre comparatif portage vs micro-entreprise.
CDI ou CDD de portage ?
La société peut aussi proposer un CDD de portage, encadré plus strictement :
- durée maximale de 18 mois (renouvellements compris, dans la limite de 2 renouvellements) ;
- il vise une mission déterminée ;
- il donne droit, comme tout CDD, à une prime de précarité de 10 % en fin de contrat.
Le CDI, lui, n’a pas de terme : il permet d’enchaîner les missions sans re-signer un contrat à chaque fois, et fait constituer une réserve financière (environ 10 % du salaire de base de la dernière mission) destinée à lisser les périodes creuses. Pour une activité de portage installée et récurrente, le CDI est le contrat de référence.
« Mon employeur veut me passer de CDI à portage » : que dit la loi ?
C’est l’une des situations les plus anxiogènes — et l’une des plus mal comprises. La règle est claire : un employeur ne peut pas, unilatéralement, transformer votre CDI classique en portage pour vous faire continuer le même travail, au même poste.
Pourquoi ? Parce que le portage suppose une prestation autonome pour des clients que vous trouvez. Si, dans les faits, vous restez sous les ordres de votre ancien employeur (mêmes horaires, mêmes tâches, même hiérarchie), le montage est fictif. Il expose alors à :
- une requalification en CDI classique (salariat déguisé), avec rappels de droits ;
- le délit de prêt illicite de main-d’œuvre (art. L8241-1) : le portage n’échappe à cette interdiction que s’il est exercé dans les conditions légales ;
- le délit de marchandage (art. L8231-1) lorsqu’il cause un préjudice au salarié ou élude des règles légales ou conventionnelles.
Ces infractions sont assorties de sanctions pénales et civiles. Face à une telle proposition, vous n’êtes pas tenu d’accepter : vous pouvez refuser, et en cas de pression, saisir le conseil de prud’hommes et/ou signaler la situation à l’inspection du travail (DREETS).
Passer volontairement d’un CDI au portage : la bonne méthode
À l’inverse, quitter de votre plein gré un CDI pour lancer une activité en portage est parfaitement légal — et se prépare :
- Une rupture conventionnelle (plutôt qu’une démission) peut ouvrir droit à l’allocation chômage (ARE), qui sécurise le démarrage le temps de décrocher vos premières missions.
- Le cumul d’un CDI et d’une activité en portage est possible, à condition de respecter votre obligation de loyauté, l’éventuelle clause d’exclusivité ou de non-concurrence de votre contrat principal, et de ne pas utiliser les moyens de votre employeur.
Dans les deux cas, l’étape suivante est la même : choisir la bonne société de portage. C’est précisément ce que fait notre outil de recommandation — une société adaptée à votre métier et à votre TJM, plutôt que dix devis à comparer seul.
Questions fréquentes
Le CDI en portage salarial est-il un vrai CDI ?
Oui. C'est un contrat de travail à durée indéterminée (art. L1254-1 du Code du travail) qui ouvre les mêmes droits qu'un salarié classique : bulletins de paie, cotisations retraite et chômage, protection sociale. La différence : il est signé avec la société de portage, et les périodes sans mission ne sont pas payées.
Quelle différence entre CDI et CDD de portage ?
Le CDD de portage est limité à 18 mois (2 renouvellements inclus) et donne droit à une prime de précarité de 10 %. Le CDI, sans terme, permet d'enchaîner les missions et fait constituer une réserve financière de 10 % pour lisser les périodes creuses.
Mon employeur peut-il me faire passer de CDI à portage salarial ?
Non, pas unilatéralement, et pas pour continuer le même travail au même poste. Le portage suppose une prestation autonome pour des clients que vous trouvez. Un passage forcé expose l'employeur à une requalification en CDI classique et aux délits de prêt illicite de main-d'œuvre (art. L8241-1) et de marchandage (art. L8231-1) du Code du travail.
Quel est le salaire minimum d'un CDI de portage ?
À défaut d'accord, la loi fixe une rémunération minimale de 75 % du PMSS quand une mission est en cours, soit environ 3 004 € brut par mois en 2026 pour un profil senior. La convention de branche précise des planchers par niveau.
Sources & textes de référence
Informations vérifiées auprès des sources officielles ci-dessous.
- Code du travail — le portage salarial (art. L1254-1 et suivants) (nouvelle fenêtre) Définition du portage, CDI/CDD, rémunération minimale (L1254-2), CDD 18 mois (L1254-12).
- Code du travail — prêt illicite de main-d'œuvre (L8241-1) et marchandage (L8231-1) (nouvelle fenêtre) Le portage exercé hors des conditions légales peut relever du prêt illicite ou du marchandage.
- Convention collective des salariés en portage salarial (IDCC 3219) (nouvelle fenêtre) Période d'essai, réserve financière, planchers de rémunération par niveau.
- Portage salarial — service-public.fr (nouvelle fenêtre) Synthèse officielle du statut de salarié porté.
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